Le réglage de sonorité
         
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Le réglage de  sonorité
L'archet
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  Le réglage de sonorité avec le musicien :

le « petit plus » qui fait la différence.
 

 

 

Qu’est-ce que c’est, un réglage de sonorité ? On en entend beaucoup parler et on parle souvent de l’âme, du chevalet et des cordes comme éléments essentiels du réglage de la sonorité à réaliser en collaboration avec le musicien qui le soir du concert sera corps … et âme avec son instrument pour le bonheur de son public.

                                   
 

Le luthier se doit d’apporter quelques explications techniques sur la définition du montage constituant la base du réglage pour permettre aux violon, alto, violoncelle ou contrebasse de fonctionner normalement et en toute liberté d’expression. Le montage englobe une plénitude d’aspects techniques qui concernent tous les composants de l’instrument. Ils sont tous aussi importants les uns que les autres.

Les chevilles doivent tourner facilement, sans sauter.   

La touche doit être bien dressée pour que le creux s’étirant sur toute la longueur ne comporte ni irrégularités ni bosses afin de laisser aux cordes la place de vibrer sans bruit ou claquement.

Les cordes ne doivent être ni trop élevées, ni trop basses par rapport à la touche et présenter des intervalles réguliers, ni trop larges ni trop étroits, afin d’offrir un confort de jeu acceptable pour le musicien.

La touche doit avoir sa position exacte définie par le renversement, l’appui et la poiriette. Elle détermine la hauteur du chevalet et l’angle formé par les cordes sur ce dernier avec l’impératif de se tenir dans la limite des normes à respecter pour jouer aisément de l’instrument et en obtenir une sonorité correcte.

Le diapasonnage doit être exact pour garantir les proportions permettant de bien travailler les positions sans prendre de mauvaises habitudes.

Le manche ne doit être ni trop large ni trop épais pour ne pas provoquer des tensions dans la main gauche

L’axe « touche / chevalet / cordier » doit a priori être rectiligne et centré par rapport au corps de l’instrument, sauf quand il doit compenser un déséquilibre lié à une mauvaise position de la touche.

Le chevalet, bien courbé, taillé à bonne épaisseur et à juste hauteur, ainsi que l’âme coupée dans un bois sélectionné, ajustée dans sa position et sa longueur, donnent à l’instrument toutes ses facultés d’expression.

               

 
Une fois réalisé le montage du violon, de l’alto, du violoncelle ou de la contrebasse, le luthier aborde la phase du réglage avec le musicien qui peut alors préciser ses souhaits concernant la sonorité de l’instrument et le confort de jeu.

Il est essentiel pour comprendre ce qui se passe lors d’un réglage de sonorité de savoir qu’une corde mise en vibration d’une même façon (frottée, pincée ou martelée) peut donner des sonorités différentes et que celles-ci dépendent de la transmission des vibrations. Ce phénomène met en évidence l’importance de la construction du corps de résonance et de la taille du chevalet sur lequel les cordes sont tendues.

La famille des rebecs, des violes de gambe, des vielles à roue et des violons offre des exemples parlant d’eux-mêmes.  

Pour obtenir la sonorité recherchée, il faut surtout modifier le spectre des harmoniques contenus dans le son de la corde nue, ce qui se fait sur un instrument à cordes frottées comme décrit ci-après mais de façon très sommaire.

 

Le son venant de la corde est transmis par le chevalet au corps du violon, ce dernier servant d’amplificateur de son. Cependant il n’amplifie pas toutes les fréquences de façon identique, ce qui donne un spectre de fréquences spécifique.

Comme le chevalet ne fait pas que transmettre toutes les fréquences, mais leur sert aussi de filtre, il en modifie le spectre.                                              Ce sont ces deux fonctions de filtre et d’amplificateur qui déterminent le son caractéristique d’un violon.

Bien évidemment, il est impossible de modifier le corps d’un instrument lors d’un réglage, c’est pourquoi la retaille du chevalet se révèle primordiale.

L’analyse d’un chevalet de violoncelle et de contrebasse facilite la compréhension, car pour ces deux instruments il en existe deux modèles de forme très différente:

  Le chevalet belge

donne à l'instrument une sonorité plus claire, plus directe, plus forte 

l

 

 Le chevalet français

 donne une sonorité plus souple et une palette de couleurs plus large.


 

 

Le travail effectué par le luthier sur le chevalet consiste à le transformer, à intervenir sur ses épaisseurs et leur distribution, à en retailler le cœur, les oreilles et le pont, à en redéfinir la largeur, l’épaisseur et l’écartement des pieds, à décider de sa position par rapport à la barre d’harmonie. Toutes les phases du réglage qui nécessite parfois beaucoup de persévérance visent à former la sonorité de l’instrument, à renforcer l’équilibre et les nuances de couleur existant entre les cordes, de faciliter la réponse de l’instrument et de rendre la sonorité plus sombre ou plus claire, plus couverte ou plus ouverte, plus souple ou plus dure, plus sèche ou plus chantante, selon le désir du musicien.


 

Le luthier doit prendre de nombreux autres éléments en ligne de compte pendant son travail sur le chevalet. L’âme subit une pression forte et joue le rôle fondamental de levier pour la transmission des vibrations sur la table et sur le fond de l’instrument pour privilégier telle ou telle corde. L’écart de hauteur entre les cordes sur le chevalet a pour but de les équilibrer. Le rapport proportionnel entre la partie de la corde qui est jouée et celle qui se trouve derrière le chevalet a différentes fonctions dont celles de libérer l’instrument ou d’éviter les roulements. Le choix des cordes est toujours délicat pour le musicien mais donne la note finale à ce jeu de patience.

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Equilibre, projection, portée, réponse, couleur… les voici les clefs du réglage à la seule condition que le musicien soit exigeant avec son luthier tout en acceptant de reconnaître les limites de son instrument. Seule une étroite collaboration entre le musicien et son luthier permet d’optimiser le résultat, et d’obtenir ce « petit plus » qui fait la différence.

 

    


 

                                                     
� Edgar SEITZ
Mise à jour: 11/09/2013